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Le massage python

Le massage python
Édito 157
Delphine HENRIET
Delphine HENRIET

La dernière tendance zen ?

1 Juillet 2014
Ne vous y trompez pas, mon titre n’est ni un jeu de mots, ni un gag et encore moins une intox. En d’autres termes, c’est une info de première main car, c’est bien connu : tout est bon dans le python ! Les faits se passent dans un zoo philippin, qui pour appâter le chaland n’a rien trouvé de mieux que de proposer aux visiteurs de se faire masser par des pythons géants birmans. La promesse est tout aussi énorme, que ces praticiens sans main, puisque cela relaxerait grandement. Que ma famille et mes proches se rassurent, je n’irai pas tester. Pas cette fois !

Mais revenons à nos pythons…
Après le masque visage à la fiente de rossignol, le sérum au placenta de mouton, au venin de serpent ou d’abeille, les sangsues médicinales… les pythons entrent dans la danse sur le crédo de « l’animalothérapie » (Lire l’édito du 26 novembre : « Le nouveau bestiaire esthétique »).

Pour rappel, le python géant birman (le qualificatif « géant » est important pour se mettre en condition ou du moins appréhender la scène) se nourrit communément d’opossums ou marsupiaux mais également de crocodiles, de cerfs… Il mesure 4 mètres de long, ne pèse pas loin de 100 kilos et, cerise sur le gâteau, ferait des massages thérapeutiques ultra-apaisants, par enroulement. Il n’y qu’à voir le sourire crispé d’une Philippine, qui moyennant la modique somme de 500 euros pour 15 minutes de bonheur, a décidé de tenter l’expérience, pour se dire que les voies du bien-être sont impénétrables. Bref, que ce n’est pas gagné ni même acquis, et je ne vous parle même pas du risque encouru. Imaginez que le reptile ou plutôt les reptiles (comme pour un massage à quatre mains, les pythons officient à plusieurs sur un même corps) sortent du sentier de la relaxation et prennent l’amatrice de massage pour une proie… Les rappeler à la raison « du moins fort » risque d’être compliqué. C’est d’ailleurs pour cette raison et pour parer « au cas où » que chaque python déguste une dizaine de poules avant chaque séance de massage, histoire de lui couper toute envie de festoyer de nouveau.

Quant au gérant du zoo en question (à Lungsod ng Cebu), il a le sens des affaires, maniant avec habileté promesse de mieux-être, campagne de communication worldwide… et discours sécuritaire à toute épreuve. Prudemment quand même, il insiste sur le fait que pendant le massage « je m’enroule, tu t’enroules et je t’embobine », il ne faut pas perdre son sang-froid (cela tombe bien, le serpent étant un animal à sang froid) et ne surtout pas souffler sur le python au risque de rendre, à coup sûr, son dernier soupir. En effet, le reptile déteste qu’on lui souffle dessus, geste qui équivaudrait en langage humain, à lui pincer les fesses. Vous le saurez !

Pour ma part, j’ai la chair de poule (et pour cause) rien qu’en y pensant, aux antipodes même du lâcher-prise. Maintenant si l’aventure vous tente, vous connaissez l’adresse…

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel édito.