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Le maquillage en demi-teinte

Le maquillage en demi-teinte
Édito 132
Delphine HENRIET
Delphine HENRIET

Bonne formulation ou affabulation ?

3 Décembre 2013
J’ai déjà eu l’occasion de vous dire que j’étais allée au Château de Versailles pour une visite guidée sur le thème « Parfum, coiffure et maquillage à la Cour » (Lire l’édito « Mon parfum »). A ce propos et avant d’entrer dans le vif du sujet, savez-vous quel est le monument français le plus visité ? Non, ce n’est pas le Château de Versailles, vous vous en doutez bien… Quand on pose la question à la cantonade, les réponses fusent, variées et souvent partisanes. Les Normands (parfois même les Bretons) diront le Mont Saint Michel, les Parisiens Notre Dame, le Louvre ou la Tour Eiffel, les financiers et les petits porteurs Disneyland Paris, les habitants des Yvelines le Château de Versailles… Dans les faits et si je me tiens stricto sensu au terme de monument, c’est Notre Dame qui l’emporte, sinon c’est Mickey ! Le Château de Versailles est en 4ème ou 5ème position, derrière le Musée du Louvre et la Tour Eiffel. A replacer lors d’un dîner...

Mais revenons au maquillage, au cœur de cet édito qui risque fort de vous faire passer par toutes les couleurs. En d’autres termes, j’annonce la couleur !

Le maquillage s’est développé en France à la cour de Louis XIII puis celle de Louis XIV, en même temps que l’usage du parfum. Avant les couleurs, parlons teint. La peau claire était le must à l’époque, validant le statut social. Plus le teint était diaphane plus la renommée ou l’origine de son porteur était noble. Pour cela et pour cacher également les marques de variole, on usait et abusait, du blanc de céruse ou oxyde de plomb, dont les effets secondaires n’étaient autres que migraines, gingivites, pertes de dents… Pour colorer, aviver, égayer le tout, le rouge de cinabre était un autre artifice. Souvenez-vous les joues toujours colorées de ces femmes et de ces hommes à la Cour. Elles n’avaient d’autre signification, certes impudique, que la marque du pouvoir aristocratique mais également celle d’être libres… Bref, le maquillage était un embellissement destructeur compte tenu de la composition toxique des produits utilisés.

Epoque dissolue et révolue, me direz-vous…
Sauf que chaque fin d’année, période de Noël oblige, les scandales ne manquent jamais pour relater les découvertes de traces de métaux lourds dans des palettes ou des trousses de maquillage pour enfants. Et tout au long de l’année, qu’en est-il pour le rouge-à-lèvres ou le gloss de maman ? Plomb, chrome, aluminium, manganèse… sont régulièrement incriminés pour être présents et ingérés dans des doses jugés toxiques sur le long terme.

A l’heure du 2.0, de l’information et des contacts en deux temps trois coups de clics, inutile de s’intoxiquer pour être belle ! Lisons la notice… Quant à signifier, rouge aux joues, que l’on est libre, c’est définitivement passé de mode…

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouvel édito,

Photo : Daniel Arnaudet