La positive attitude

Édito 127

Delphine HENRIET
A consommer sans modération
22 Octobre 2013
Il y a pratiquement 10 ans, en 2004, Lorie chantait « La positive attitude ». Si ce refrain n’a pas bercé mon enfance ni celle de ma génération, je peux dire que le texte ou du moins le titre était précurseur d’une tendance actuelle qui tend à rythmer notre vie. Dans tous les domaines, on nous exhorte à adopter, cultiver, développer… la positive attitude. Tous les verbes sont bons pour qu’on s’applique à la faire sienne. Même Jean-Pierre Raffarin s’y est risqué…
Pour rappel, les paroles étaient :
Que ce soit elle ou bien toi
Les uns et les autres, ou même moi
Nous avons tous pleuré
Au moins une fois
Pour un coup dur de la vie
Une jalousie, un faux pas
Il arrive parfois que ton moral se casse
Pour ça, moi j'ai trouvé un remède efficace… La positive attitude »
Si vous êtes sceptique sur la profondeur du texte, très midinette ou sentimentalo ado il faut bien le reconnaître, le positif signe son grand retour. Il faut dire que depuis 2008, début de la crise financière, la France n’est pas au mieux et que le moral des ménages (vous et moi) suit le même trend. Or, si nous sommes inégaux face à la conjoncture, avons tous nos problèmes personnels et autres coups durs, se laisser aller et broyer du noir nous enfermeraient dans le cercle vicieux de l’échec. Et à ce propos, la France n’est malheureusement pas en reste. Ainsi, échouer en entreprenant est vécu négativement alors qu’aux Etats-Unis seule l’expérience acquise et la capacité à rebondir, à réentreprendre comptent. En France, et à l’école trop souvent, ce sont les erreurs qui sont pointées du doigt dans une dictée alors qu’en Angleterre le nombre de mots justes est mis en valeur.
Mais revenons à la positive attitude…
Elle se décline à toutes les sauces : La pensée positive en psychologie, développement personnel, philosophie de vie… La rentrée positive ou aller au bureau avec le sourire… L’éducation positive pour « gérer » nos têtes blondes… Et croyez-moi, sur ce dernier thème, il faut être très fort ou très très zen pour appréhender avec calme et patience, le caprice du petit dernier au supermarché, à 19h un soir de semaine, parce que le frigo est vide, après une journée de travail et alors que la deuxième journée ne fait que commencer avec au menu : repas, toilette, check des devoirs, coucher… Nous aurions mieux fait de ramener « l’élément perturbateur » illico chez sa Nounou ou même à l’école pour qu’il y soit à l’heure le lendemain matin…
Cela étant, il faut bien reconnaître que le positif, comme l’as d’un jeu de cartes, l’emporte sur tout. Montrer à un enfant votre agacement c’est lui ouvrir un boulevard de pleurs, négociations et caprices. Perdre son calme et son sourire devant son boss ou un client difficile, c’est se tirer une balle dans le pied et perdre sa crédibilité. Snober la voisine du dessus que vous avez appelée trois fois hier soir pour qu’elle baisse le son, c’est s’assurer que la prochaine fois sera ce soir. S’endormir avec de noires pensées, en ne retenant que ses manques, c’est se réveiller le lendemain en étant fermé aux autres, aux influences externes, bref à toute l’énergie qui nous entoure.
Pas facile, me direz-vous ! Certes, mais nous n’avons qu’une vie…
Alors positivons !
Rendez-vous dans deux semaines pour un nouvel édito.
Pour rappel, les paroles étaient :
Que ce soit elle ou bien toi
Les uns et les autres, ou même moi
Nous avons tous pleuré
Au moins une fois
Pour un coup dur de la vie
Une jalousie, un faux pas
Il arrive parfois que ton moral se casse
Pour ça, moi j'ai trouvé un remède efficace… La positive attitude »
Si vous êtes sceptique sur la profondeur du texte, très midinette ou sentimentalo ado il faut bien le reconnaître, le positif signe son grand retour. Il faut dire que depuis 2008, début de la crise financière, la France n’est pas au mieux et que le moral des ménages (vous et moi) suit le même trend. Or, si nous sommes inégaux face à la conjoncture, avons tous nos problèmes personnels et autres coups durs, se laisser aller et broyer du noir nous enfermeraient dans le cercle vicieux de l’échec. Et à ce propos, la France n’est malheureusement pas en reste. Ainsi, échouer en entreprenant est vécu négativement alors qu’aux Etats-Unis seule l’expérience acquise et la capacité à rebondir, à réentreprendre comptent. En France, et à l’école trop souvent, ce sont les erreurs qui sont pointées du doigt dans une dictée alors qu’en Angleterre le nombre de mots justes est mis en valeur.
Mais revenons à la positive attitude…
Elle se décline à toutes les sauces : La pensée positive en psychologie, développement personnel, philosophie de vie… La rentrée positive ou aller au bureau avec le sourire… L’éducation positive pour « gérer » nos têtes blondes… Et croyez-moi, sur ce dernier thème, il faut être très fort ou très très zen pour appréhender avec calme et patience, le caprice du petit dernier au supermarché, à 19h un soir de semaine, parce que le frigo est vide, après une journée de travail et alors que la deuxième journée ne fait que commencer avec au menu : repas, toilette, check des devoirs, coucher… Nous aurions mieux fait de ramener « l’élément perturbateur » illico chez sa Nounou ou même à l’école pour qu’il y soit à l’heure le lendemain matin…
Cela étant, il faut bien reconnaître que le positif, comme l’as d’un jeu de cartes, l’emporte sur tout. Montrer à un enfant votre agacement c’est lui ouvrir un boulevard de pleurs, négociations et caprices. Perdre son calme et son sourire devant son boss ou un client difficile, c’est se tirer une balle dans le pied et perdre sa crédibilité. Snober la voisine du dessus que vous avez appelée trois fois hier soir pour qu’elle baisse le son, c’est s’assurer que la prochaine fois sera ce soir. S’endormir avec de noires pensées, en ne retenant que ses manques, c’est se réveiller le lendemain en étant fermé aux autres, aux influences externes, bref à toute l’énergie qui nous entoure.
Pas facile, me direz-vous ! Certes, mais nous n’avons qu’une vie…
Alors positivons !
Rendez-vous dans deux semaines pour un nouvel édito.